« Être citoyen aujourd’hui chez les bactéries du sol »

(Textes écrits lors de la séquence « Ecrire c’est choisir. »)

Version 1 

Les frasques des Burkholderia ont encore défrayé récemment la chronique lorsqu’une population de B. cepacia, échappée de son champ de maïs, a fait une apparition aussi soudaine que spectaculaire à la clinique du Géranium. L’incident aurait pu passer inaperçu si ces bactéries telluriques n’avaient pas exhibé honteusement leur pathogénicité et fait étalage de leurs gênes de résistance aux antibiotiques les plus en vue du moment. La population en question a immédiatement été lyophilisée et génotypée pour fichage et ses droits métaboliques lui ont été retirés. En pleine semaine de la citoyenneté microbienne, on peut se demander si ces organismes ont encore leur place dans notre biocénose…

Version 2

On a longtemps considéré les bactéries du sol comme des sous-citoyens, incapable de faire preuve d’interactions avec les autres communautés ou d’apporter un quelconque service à l’écosystème. On sait aujourd’hui que beaucoup d’entre elles prennent leur rôle très au sérieux et sont prêtes à s’impliquer dans la vie locale pour défendre les intérêts de la communauté. Il existe certes certaines guildes très influentes dans le fonctionnement de l’écosystème mais les dernières études socio-microbiologiques montrent que la coopération est plutôt la règle et que les individualistes, plus connus sous le nom de « single singletons », ont du mal à faire leur niche et sont rapidement exclus de toute base de données de séquences…

Lors de l’école thématique/école chercheur Micmo2019, des ateliers d’écriture, animés par Elisabeth Leciak et Tiphaine Chevallier ont permis aux chercheurs de s’essayer à l’écriture de textes à destination d’autres publics que leur public académique naturel.

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